PROJETS EN COURS :
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"L'Echange" de Paul CLAUDEL
Traduit du français par Yukari KOMETANI
Mise en scène et Décor de Franck DIMECH
Avec : Mima FUKUSHI, Nahoko KAWASUMI,
Shoichi AYADA et Yozo SHIMADA
Création
au Théâtre Agora à Tokyo (Japon)
du 29 octobre au 3 novembre 2009
Reprise en version sur-titrée en français
à la Friche
Belle de Mai du 12 au 16 janvier 2010
Les 13, 14, 15 & 16 à 20h / le 13 à
19h
Lecture mise en espace le 19 janvier 2010 au Café Littéraire
de la ville de Saint Louis (Alsace), en partenariat avec le CEEJA
Rencontre le samedi 09 janiver à 16h avec l'équipe
artistique à la Librairie L'Histoire
de L'OEil - 25, rue Fontange - 13006 Marseille
Ce
spectacle est coproduit par la compagnie SEINENDAN (Tokyo), le
Théâtre de Ajmer (Marseille) et le Système
Friche Théâtre (Marseille).
Il reçoit les soutiens de Culturesfrance, de l’Ambassade
de France au Japon, de la Japan Foundation et de la Région
Provence Alpes Côte d’Azur dans le cadre d’une
convention Région Paca/Culturesfrance.
"L'ECHANGE", des chutes dans le vide
«
Entre dans la forme, sors de ta forme, et trouve ta liberté
»,
disait le bouddhisme Shan de la Chine des T'ang et le bouddhisme
zen japonais.
Nicolas Bouvier, Les Chemins de Halla San
Lorsqu'en 2007, Oriza Hirata m'a proposé de venir monter
à Tokyo le texte d'un auteur français de mon choix,
avec des acteurs de sa compagnie la Seinendan, je lui proposais
« l'Echange » de Paul Claudel que j'avais déjà
mis en scène, en 2003, à Marseille.
J'avais également eu l'occasion, en 2006, dans le cadre
d'une production menée avec une jeune troupe japonaise,
de mettre en scène une actrice, dans sa propre langue,
autour des textes de l'auteure américaine Kathy Acker.
Les répétitions de ce spectacle avaient été
passionnantes. Du fait que nous ne parlions pas la même
langue, je me sentais sommé d'opérer un déplacement
dans mon rapport à l'acteur et de forger des outils nouveaux,
afin qu'une communication singulière s'instaure, par-delà
la signification des mots.
Pour répéter, nous avions construit des protocoles
inédits et simples. Nous étions comme des aveugles
sans repères qui progressent à tâtons au milieu
d'une autoroute.
Cette expérience a relancé en moi le désir
de diriger à nouveau des acteurs japonais.
« L'Echange » raconte comment, subrepticement, les
liens sacrés de l'amour qui unissent Marthe à Louis
Laine, sont mis à sac sous la poussée du monde qui
les entoure et qui les tente. Leur innocence est ainsi jetée
en pâture dans une jungle - le nouveau monde américain
- où règne la loi du plus fort. Et cet amour, que
l'on voudrait voir triompher, va finalement céder sous
la pression de l'argent de Thomas Pollock Nageoire, avatar du
capitaliste, et sous celle des ombres que l'actrice Lechy Elbernon
projette dans les yeux de Louis Laine.
A mesure que « l'Echange » progresse comme un quatuor
désaccordé, les quatre figures de la pièce
s'affrontent ou se liguent pour tisser le drame de nos séparations.
« L'Echange », dans ma mise en scène, a été
créé à Tokyo le 29 octobre 2009, consécutivement
à six semaines de répétitions, dans une nouvelle
traduction de Yukari Kometani, profondément remaniée
par Akihito Hirano et Kiyoshi Ori.
Les questions liées à la traduction de la pièce
ont été le seul point de conflit de nos répétitions.
Dès les premières séances de lecture, en
mai 2009, les acteurs m'ont opposé une résistance
farouche. Le texte japonais leur paraissait relever de la littérature
plus que du théâtre et échappait à
toute entreprise d'oralité : selon eux il était
impossible de le jouer. Ne parlant pas japonais, j'étais
dans le plus profond désarroi. J'avais en effet commandé
cette nouvelle traduction de cette pièce de Paul Claudel
- la précédente datait de 1923 - et voilà
qu'à quelques semaines du début des répétitions,
elle s'avérait injouable. Plein de doutes, je cédais
néanmoins à l'insistance des acteurs et après
deux mois d'un travail précis et acharné, les traducteurs
japonais en livraient une nouvelle version, que, collectivement,
nous avons affinée jusqu'au jour de la première
représentation. Je n'ai jamais cessé d'être
surpris de l'acuité sensible des acteurs concernant une
pièce qu'ils ne connaissaient pas et un auteur dont ils
ne connaissaient que le nom. Vérifiant à travers
cette expérience douloureuse que l'œuvre existe, puisqu'elle
insiste à être auprès de ceux qui doivent
l'incarner.
Six jours par semaine, nous nous sommes donnés rendez-vous
dans un espace exigüe. L'étroitesse de ce lieu et
le manque de recul sont très vite devenus des outils précieux.
Je répétais le texte au milieu des personnages.
Il n'était pas nécessaire de parler fort, les acteurs
se contentaient de souffler la pièce.
Nous avons fait théâtre de cette proximité
entre la scène et la salle.
Et contraints, nous avons joué de la promiscuité
entre les corps et exploré ainsi des territoires de jeu
inédits pour des acteurs formés à un théâtre
« réaliste », où le héros et
la langue ne sont jamais célébrés et où
les corps ne se touchent pas.
Ainsi s'est vérifiée mon intuition de les pousser
à incarner becs et ongles dehors la chair des quatre figures
du texte.
Nous n'avons pas cherché a « japoniser » «
l'Echange », à replacer son histoire dans l'Histoire
du Japon.
L'œuvre en soi, sans être une métaphore de la
société japonaise - elle ne saurait l'être,
le jeune Claudel ne connaissait pas encore le Japon alors qu'il
la composait - l'œuvre coud d'or les plus parfaits antagonismes
: en elle s'affrontent le moderne et l'ancestral, les mythes grecs
et ceux de l'Amérique du Nord naissante, des conventions
très sociales et la manifestation d'une forme « d'être-animal
», ce dont n'ont pas manqué de s'emparer, avec beaucoup
de plaisir, les acteurs japonais.
Dès lors, de répétition en répétition,
nous éloignant de la France et nous éloignant du
Japon, exacerbant les rapports entre les personnages jusqu'au
malentendu, nous avons traversé sans presque nous en rendre
compte le miroir claudélien. Et sans jamais y être
allés ensemble, nous avons reconnu cette terre de mots,
où chacun tente, avec plus ou moins de désespoir,
de bâtir pour se rejoindre des constructions de fortune
qui s'avèrent finalement brisées en leur milieu.
Ainsi notre « Echange » est l'histoire de ces chutes
d'humanités dans le vide.
(Franck DIMECH, novembre 2009)
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"Jumel" de Fabrice
DUPUY
Mise
en scène, décor & lumière : Franck DIMECH
Avec :
CHOU Jung-Shih et JUAN Uen-Ping
Création de la version française au théâtre
de la Minoterie à Marseille
du 12 au 19 novembre 2009.
Création de la version chinoise au Guling Theater à
Taïpei (TAIWAN)
du 3 au 7 août 2010.
"JUMEL", une logorrhée
anthropophage
« Dans un lieu séparé du monde alentour que
quelques hommes (un marin, un boucher, un laitier) ont côtoyés,
deux sœurs jumelles, Irène et Ellena, échangent,
à heures régulières, des propos. Elles parlent
de récession, de pénurie, d’anges qui les
visitent, d’une mère morte, d’orgasmes, d’effrois.
Lorsqu’elles ne parlent pas, elles bectent ou s’endorment.
Chaque soir, sans jamais déroger à leur rituel,
les sœurs de Jumel se donnent rendez-vous pour constater
l’état des choses : diminution notoire des denrées,
insomnies, atrophie, entre autres choses, de leur progestérone.
Il n’y a pas de conflits dans la pièce de Fabrice
Dupuy. Il n’y pas de nœuds entre ces femmes et tout
leur travail consiste précisément à en fabriquer
à partir de morceaux épars, d’images volées,
de souvenirs dont nous ne sommes même pas certains qu’ils
leurs appartiennent. En menteuses chevronnées, les femmes
de Jumel se construisent un passé, une altérité,
une adversité.
Le choix de deux étrangères pour interpréter
les rôles d’Irène et d’Ellena n’est
pas fortuit.
Ainsi l’acuité de ces actrices, leur concentration,
leur détermination à empoigner les mots français
et à mettre leurs bouches en état de guerre. Ainsi
cette appréhension particulière au temps, à
l’espace et à l’autre, forme d’ «
asiattitude » qui tient davantage de l’érotisme
que de l’exotisme.
Ce projet m’est cher au sens où il relance un double
intérêt dans ma démarche : transmettre au
public des écritures encore inconnues (comme ce fut le
cas avec Didier Da Silva, Sarah Keryna et plus récemment
avec l’auteur autrichien Franzobel) et poursuivre la construction
de ponts entre la France et l’Asie, avec la complicité
d’artistes asiatiques, dont j’admire particulièrement
l’engagement et le travail. »
(Franck DIMECH, Avril 2009)
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CONTACT
:
Franck DIMECH
Cie Le Théâtre de Ajmer
1, rue Consolat
13001 Marseille / France
tél:
+33 (0)4 91 62 12 54
fax : +33 (0)4 91 50 97 54
mail : theatredeajmer@hotmail.com
La
compagnie le Théâtre de Ajmer est subventionnée
par la Ville de Marseille et par le Département des Bouches
du Rhône.
LA
COMPAGNIE :
En
2009 et 2010, la Compagnie Le Théâtre de Ajmer poursuivra
ses collaborations avec l'Asie, autour de deux projets mis
en scène par Franck DIMECH : les créations de « l'Echange »
de Paul CLAUDEL au Théâtre Agora à Tokyo (Japon)
et de « Jumel » de Fabrice DUPUY au théâtre
de la Minoterie à Marseille.
Avec le Théâtre de Ajmer (cie fondée en 2002),
Franck Dimech crée une dynamique particulière autour
de la langue française (Variations sur l'amour, trilogie
de la langue) et développe des liens et des échanges
avec des artistes étrangers et des structures internationales.
De Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès aux Bacchantes
d'Euripide, des Orphelins de Jean-Luc Lagarce aux pièces
de jeunesse d'Edward Bond (Sauvés, Les noces du pape),
des Trois soeurs de Tchekhov aux Gens de Séoul 1919 d'Oriza
Hirata (2007), Franck Dimech interroge avec rigueur les procédés
de transmissions entre les oeuvres et choisit le théâtre
comme outil « propre à gifler les consciences »,
comme « machine à décrypter les liens »,
comme « usine ou la beauté s'incarne encore ».
DERNIERS
CREATIONS :
Sur la route d'Oklahoma
de
Franz Kafka
Création : Friche La Belle de Mai - septembre 2008
Gens
de Séoul 1919
de
Oriza Hirata
Création : Théâtre National de Marseille La
Criée - septembre 2007
Adagios,
Fragments pour deux femmes
Un
spectacle de Franck Dimech et Takahiro Natsui
Avec la Cie Reset - N - Tokyo
Création : Komaba Agora Theater / Tokyo - juin 2006
Reprise : Friche la Belle de Mai / Marseille - octobre 2006
Kafka,
eine Kömedie De Franzobel
Création
: Théâtre de Grasse, 2005
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